Mai 2011

Archéologie, passion et amitié font le pont entre cultures et religions.

Sebastya Ma relation avec la Custodie de Terre Sainte à Jérusalem a commencé en 1997 lors de la rencontre avec père Michele Piccirillo dans le cadre du projet de restauration du Palais de Hisham. Nous ne nous connaissions pas au début des travaux, mais une sorte de sympathie et d’entente est tout de suite apparue grâce au travail que nous faisions ensemble. A la fin du chantier, Père Piccirillo m’a proposé de continuer à travailler avec lui en Palestine. Père Piccirillo était un archéologue de haut niveau, mais surtout un homme d’une grandeur humaine spectaculaire et d’une richesse culturelle unique. C’est lui qui m’a enseigné cette profession et j’ai ensuite développé en même temps que lui l’amour envers les biens culturels.

Dès le début des travaux à l’atelier du Palais de Hisham, près de Jéricho, avec Carla Benelli, nous sommes devenus une “équipe” guidée par Père Piccirillo, qui, homme vif et très actif, nous transmettait énergie et enthousiasme tout en nous guidant et en nous épuisant sur des travaux magnifiques. Certains travaux avaient effectivement un haut degré de difficulté, mais avec le temps, nous avons réussi à réaliser nos rêves (du moins, dans le cadre de la conservation des biens culturels).

Chaque fois que père Michele retournait en Palestine, il nous invitait à travailler : « Venez, il y a beaucoup à faire ! ». Il avait un rôle culturel fondamental, non seulement pour la région palestinienne, mais pour toute la zone du Moyen-Orient, de laquelle il était le plus grand expert.

Par son attache avec nous, il a créé quelque chose de stable et de durable, aussi bien au niveau du projet et dans la pratique qu’au niveau personnel.

Au niveau du projet, il a laissé une structure stable à partir de laquelle nous devons continuer; sur le plan humain et personnel, il nous a laissé une grande passion pour la restauration et pour l’art, une idée qui s’est par exemple concrétisée dans mon amour pour la mosaïque (dont l’intérêt est une nouveauté absolue pour les critiques et les restaurateurs de ce secteur). Nous avions un véritable rapport d’amitié, entre professeur et élève, assaisonné de différentes saveurs et avec un grand respect et de la confiance.

La fraternité de Piccirillo a été un pont, l’initiateur d’un lien avec les autres frères de Jérusalem. En effet, je suis tout de même musulman, bien que laïc, mais je ne suis pas chrétien. Au début, il aurait peut-être pu y avoir des problèmes, mais Piccirillo ne m’a jamais fait sentir et percevoir cette différence. Avant de le voir en tant que religieux, je le voyais comme une figure professionnelle et je l’estimais en tant que professeur et savant. Notre amitié, avec tout ce qui a suivi, est née d’une passion qu’il m’a transmise et qui est devenue commune : l’archéologie.

Il voyait la qualité des personnes, pas leur religion ; il cherchait qui était disponible pour apprendre et ensuite, il l’aidait. C’est de cette confiance avec Piccirillo qu’est né mon lien avec les frères de la Custodie, et c’est devenu une occasion en or pour les connaître. En ces moments passés et présents de conflits continuels dans ce pays, cette connexion est une vraie chance pour moi, car je peux réellement connaître de près ce qui est différent, et il y a du respect. Passer la soirée avec certains d’entre eux est toujours plus intéressant que de le faire avec des amis et collègues. A la fin de la soirée, il me semble avoir gagné quelque chose sur le plan humain.

Je suis une personne curieuse, je leur ai demandé le pourquoi de leurs choix, religieux ou pas. Une confrontation des traditions. Nous devons en quelque sorte devenir des ponts, en faisant connaissance avec les personnes et en nous ouvrant à elles, également pour alléger l’air environnant, lourd de conflits. Ceci est une grande opportunité, dont la base doit cependant être la confiance. Ils m’ont fait sentir qu’ils avaient confiance en moi comme si j’étais l’un des leurs, même si je suis musulman, et je les remercie pour ça. Je crois que les différences ont été dépassées et je les remercie car pour moi, cette amitié est un honneur.

 

 

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