Havre de paix à Damas. La première étape de notre voyage en Syrie

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On arrive à Damas après le coucher de soleil et le spectacle est étonnant : une ville éclairée. Il y a six mois, cela semblait impossible, mais l’électricité ne paraît plus un grand problème depuis juillet. Pendant qu’on se rapproche au couvent de Franciscains, la prudent impression eue au début, trouve toujours plus validations : la ville est finalement revenue à vivre et ses espérances que la guerre finisse rapidement sont palpables parmi les gens qui peuplent les suq de cette ville extraordinaire.

damas écoleAu marché devant à la grande mosquée c’est difficile marcher : les touristes ne sont pas là, mais les négociants sont occupés à écouter les requêtes de ceux qui ont finalement de l’argent pour acheter une écharpe, des épices ou seulement un morceau de savon.

« Après la libération d’Alep on a recommencé à vivre et c’est vraiment une autre vie » nous a raconté père Bahjat, le gardian du couvent franciscain de Damas à Bab Touma. Le sien n’est pas un optimisme naïf et, au mémorial de Saint Paul (où, selon la tradition, Saul de Tarse a rencontré Jésus) sœur Yola nous le confirme tandis qu’elle nous accompagne à voir la garderie qui n’a jamais cessé d’accueillir les enfants pendant les années de guerre.

Dans l’école maternelle les salles sont complètement renouvelées et accueillent en tout 140 enfants, de 3 à 5 ans. Il y a un an, le bâtiment était délabré. « Grâce aux fonds qu’Association pro Terra Sancta nous a envoyé, nous avons fait un travail très beau et nous pouvons accueillir n’importe qui, aussi ceux qui n’ont pas d’argent pour payer les frais de scolarité, qui sont déjà très réduites Asilo a Damasco». Ce miracle de la charité a été possible grâce aux très nombreux supporteurs qui pendant ces années n’ont pas abandonné le peuple syrien. La gratitude de sœur Yola et des enseignantes est pour leur, « pour vous qui ne nous a pas quittés pendant ces années » elle nous a dit radieuse.

Toutefois, dans les classes, on fait face à une humanité meurtrie de la douleur. Comme Maryam, qui a seulement cinq ans et qui a perdu sa mère depuis quelques mois. Elle est timide et parle très peu. Elle nous regarde avec ses petits yeux bleus, mais elle ne se rapproche pas et aussi sœur Yola continue à l’appeler « Taali, taali! », ça signifie « viens, viens ». Mais rien. Maryam se cache parmi ses copines avec un petit sourire. « Elle a perdu sa mère le dernier 26 mars ».

Pour Maryam et sa sœur cela a été un coup terrible. « Depuis lors elle parle rarement ». De temps en temps ses mains tremblent et son regard se perde dans le vide. « Après quelques jours, le dimanche de Pâques, son père s’est suicidé. Avant de le faire, il a appelé tous ses fils et a dit à Stefano, le grand frère ‘papa ne rentrera pas pour quelques temps, prend-toi soin de tes sœurs’. Cela a été la dernière fois qu’ils l’ont vu.

Lorsque Stefano a réalisé que son père ne serait plus rentré, pour se venger a cessé de voir ses sœurs. Il ne voulait pas obéir à son père, qui l’avait trahi. « Pendant la nuit on l’écoute crier et hurler. Il accuse son père d’être un menteur et de l’avoir déçu » racontent ses oncles, qui l’hébergent. Les cicatrices de la guerre perdureront encore pour beaucoup d’années. « Notre seule espérance est qu’elles se sentent vraiment aimées, après qu’elles ont été abandonnées par tout le monde. »

C’est vrai pour Stefano, pour Maryam, mais aussi pour tous ces petits enfants qui entrent en ordre dans ces salles propres, ils sont expression d’une beauté que la guerre n’est pas réussie à gâcher au fond. C’est le désir de sœur Yola pour sa grande famille. Où, parmi les regards timides et souvent en peine, la Syrie de ces années se cache, faite de peurs et de violence, mais aussi d’une insoupçonnable liesse et miraculeuse espérance.

C’est l’espérance que nous voulons soutenir, aussi – et surtout – grâce à votre aide. Afin que, comme Saint Paul, beaucoup de cœurs peuvent encore se convertir dans la Syrie déchirée par le conflit et qu’aujourd’hui – après beaucoup de temps, trop – va commencer à vivre encore.

Soutiens-toi aussi les petits miracles de charité en Syrie!