Mars 2017

L’homme à tout faire de Sebastiya qui emporte un sourire à son village

“Shaady!”. Silence. “Shaady!”. Nous crions encore. Silence. Il apparaît soudain, le portable dans une mais, serviettes et couvertures dans l’autre. Shady Shair a 29 ans et il est l’homme à tout faire de la Guesthouse de Sabastiya. Ce village se trouve en Samarie, là où Jean Baptiste est enterré. “J’arrive!” il nous dit en entrant dans une autre pièce précipitamment. Il discute au téléphone pendant quelques minutes avant de réapparaître. Il sourit et il nous salue avec affection.  Il sourit tout le temps, Shady, et il ne se plaint jamais. Après quelques minutes il revient avec son café arabe et les biscuits aux pistaches préparés par les femmes du village. Il pose les plateaux et, enfin, il s’assoit. Il n’est pas facile de rester assis cinq minutes avec Shady Shair : il court tout le temps par-ci, par-là.

« C’est ma maison – il dit – parce que je la traite bien : j’essaie de la ranger  au mieux et d’accueillir tout le monde… je passe plus de temps ici que chez moi : entre 9 et 12 heures! » Il gère tout : il nettoie, il prépare les cinq chambres, il est au magasin de la Guesthouse, il tient la comptabilité il s’occupe du jardin, il est responsable d’accueillir les visiteurs et leur organiser le séjour à Sabastyia.  « Je dois être tout le temps disponible, quand quelqu’un vient en visite; c’est toujours un “Shady, Shady!”… je réserve le restaurant, j’organise les visites… » En bref, tout! Mais il ne le raconte pas en se plaignant. « Une aide, certes, serait pratique! », il nous dit.  Elle va bientôt arriver. Pour Shady cet endroit représente une opportunité de développement personnel.

« J’ai commencé à travailler avec le Mosaic Centre et l’Association Pro Terra Sancta en 2011 – il explique – et je suis resté : j’ai compris qu’il s’agissait d’une grande occasion ». Grâce à ce travail Shady a appris l’anglais et la gestion d’une guesthouse. Il a la possibilité de rencontrer gens venus du monde entier.

« Au début, je ne savais même pas faire les lits – il explique – et dans un petit village tel que Sabastiya, qui n’était pas connu,  j’ai pu apprendre des méthodes de travail. Osama [directeur du Mosaic Centre] ou Carla m’ont beaucoup appris. C’est un privilège absolu! ». Pour cette raison Shady est content de pouvoir contribuer au projet, en courant partout et en coordonnant tout. « Mon espoir est celui de voir mon village beau et propre comme cette guesthouse. Beaucoup de gens arrivent ici non sans raisons ! »

Nous sommes restés assis ensemble pour un quart d’heure. C’est trop. Le portable de Shady sonne encore avec insistance : « Halo? Oui, c’est Shady. Une chambre pour trois? Oui, bien sûr. Pour le déjeuner? ». Il se lève, il prend les plateaux et il recommence à courir. Il court pour construire un joli coin, là où personne ne s’y attendait.

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