Pro Terra Sancta Logo
Donner
heart Logo
Burger Menu

Plus forte que cent pierres

30 avril 2026
Pro Terra Sancta
\
Nouvelles
\
Plus forte que cent pierres
Plus forte que cent pierres

Lorsque Mustafa Haddad travaille sur un mur ancien, le temps semble s'arrêter. Autour de lui, plus rien n'existe ; il n'y a que lui et la pierre.

Il a 27 ans, vit en Cisjordanie et est restaurateur, un métier qu'il n'a étudié dans aucune université, mais qu'il ressent comme une vocation. Voici son histoire.

Pour nous la raconter, il part du début : « Ma famille est originaire d'un village appelé Saris, à l'ouest de Jérusalem. » C'était en 1948, lors de la première guerre israélo-arabe, et ses grands-parents ont été déplacés. Ils ont trouvé refuge à al-’Eizariya, à Béthanie, où la famille a pris racine. Mustafa grandit curieux, avec une soif de découverte qui ne le quittera jamais. « Enfant, j'aimais l'aventure », raconte-t-il. « Aujourd'hui, je la retrouve dans ce que je fais. »

Il aurait voulu étudier l'archéologie à l'université, mais il n'en a pas eu la possibilité : il s'est arrêté au tawjihi — le lycée — sans parvenir à le terminer. C'est précisément au cours de ces années qu'entre en scène Osama Hamdan, un architecte connu comme le restaurateur musulman d'églises chrétiennes. Une rencontre qui change sa vie. « Osama m'a transmis la passion pour ce métier et a permis à mon grand rêve de se réaliser. » De simple ouvrier, Mustafa commence à grandir, à apprendre, à devenir quelque chose de plus.

Puis la guerre arrive. Routes bloquées, contrôles et checkpoints partout, de Jérusalem à Ramallah. La Cisjordanie se referme lentement sur elle-même, comme pour devenir une prison. Mais Mustafa poursuit ses travaux de restauration : « Je ne me suis pas arrêté parce que je veux protéger le pays que j'aime. » Même quand tout ce qui l'entoure parle de guerre, lorsqu'il regarde la pierre, le temps s'arrête à nouveau. Et les checkpoints cessent d'exister. « Je ne perdrai jamais espoir », nous dit-il d'un regard ferme.

Il a dû faire face à de nombreuses pertes dans sa vie. La première a été la mort de son père, un vide impossible à combler. C'est en 2013, et peu après survient sa première arrestation : Mustafa est emmené et ses sœurs restent seules. « Je n'oublierai jamais le sentiment de culpabilité que j'éprouvais. » Ce ne sera pas la dernière fois. En 2017 et 2020, l'armée revient le chercher. « Je jetais des pierres », dit-il. « J'ai compris que je ne pouvais pas libérer la Palestine en lançant des cailloux. » Les pierres n'arrêtent pas un soldat armé ou un véhicule blindé. « Si je devais raconter notre histoire à un étranger, je lui dirais que la vraie résistance, c'est de préserver cette terre. Parce que c'est notre culture, notre identité ; et rien de tout cela ne pourra jamais nous être enlevé. » Pour lui, c'est une forme de résistance plus forte que cent pierres.

Mustafa n'a pas cessé de construire. Aujourd'hui, il travaille à Béthanie pour restaurer des sites archéologiques, mais aussi pour quelque chose de plus : transmettre cette passion aux enfants du quartier, ceux qui risquent de grandir sans savoir qui ils sont. Il y a un moment, dans ses ateliers de céramique, où un enfant cesse de regarder ces lieux comme des ruines et commence à les voir comme les siens. « Ainsi, petit à petit, ils apprennent à respecter et à protéger les sites archéologiques au lieu de les abîmer. »

Donate
Donner
est un acte d’amour
Avec ton geste apportes une aide concrète à ceux qui vivent dans des situations d’urgence et de pauvreté.
Soutenez des activités culturelles, éducatives et de formation
50
Aidez-nous à conserver les sanctuaires de la Terre Sainte
80
Aidez-nous à soutenir les familles et les enfants dans le besoin
100
Donate
Paiement Sécurisé
Donate
Donate
Donate
Donate
Donate
Donate
Donate
Paiement Sécurisé
Donner
heart Logo
Sites amis
  • terrasanta net
  • mosaic center
  • terrasancta museum
  • terrasancta custodia
  • frati assisi
  • logo cmc
substract image
Reçois des nouvelles et des histoires de Terre Sainte