“Vous me trouverez dans le son” : cours de formation pour musicothérapeutes à Bethléem

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Un cours de formation pour musicothérapeutes intitulé You will find me in the sound (Vous me trouverez dans le son) s’est tenu à Bethléem les deux premières semaines de juillet. Ce cours a été réalisé grâce à la collaboration entre le Centro Ateneo per la Solidarietà Internazionale (CeSI) de l’Université Catholique du Sacré-Cœur de Milan et l’association pro Terra Sancta, dans l’objectif de former les participants à la pratique de la musicothérapie, une discipline qui permet d’entrer en relation avec des personnes atteintes de handicap.

Reconnaître les ressources inexprimées du patient, valoriser le langage non verbal, rencontrer, accepter, entrer en empathie, être authentiques : voici quelques-uns des concepts clés qui ont guidé ces semaines. Les 35 heures de cours ont été données par le professeur Dario Benatti, enseignant à la faculté de psychologie et de sciences de la formation de l’Université Catholique et directeur de l’association Musica Prima.

Les lieux qui ont accueilli les étudiants ont été mis à disposition par la Sabreen Foundation, une fondation qui œuvre dans les Territoires Palestiniens pour enseigner la musique dans les communautés les plus pauvres et isolées de la région. L’intérêt pour la valeur didactique et éducative de la musique est grande en Palestine, comme l’a démontré le grand nombre d’inscriptions au cours de musicothérapie. La variété des instruments musicaux que les étudiants ont apportés reflète l’hétérogénéité du groupe, composé d’hommes et de femmes, professionnels et étudiants, thérapeutes et psychologues, mais aussi enseignants, éducateurs et musiciens. Chacun a pu utiliser ses propres compétences et contribuer à la progression du groupe.

Areej, jeune opératrice sociale, raconte comment ce cours est une occasion précieuse pour elle qui se retrouve souvent à travailler avec des personnes et des enfants handicapés : “Je n’ai jamais travaillé avec la musicothérapie et je pense que ce cours aura été utile, surtout pour les exercices dans lesquels on a joué le jeu”.

“Pour moi – raconte Areen, qui vient juste de finir le lycée – cela a été l’occasion d’entrer en contact avec une discipline particulière et d’en faire l’expérience, parce que je veux savoir ce que je veux faire plus tard. J’ai entendu du bien de ce cours et je suis venue voir de quoi il s’agissait”.

Les musiciens ont eux aussi exprimé leur satisfaction envers cette proposition, eux qui ont dû “oublier” la technique et apprendre à utiliser leur instrument de façon nouvelle. Richard, enseignant de qanun (une cithare arabe typique), raconte : “Beaucoup de choses ont changé depuis le début du cours, mais c’est surtout moi qui ai changé. J’ai appris à utiliser la musique et à impliquer aussi le corps dans ce que je fais. Il faut se sentir au cœur de l’expérience et la vivre, ne pas se limiter aux paroles”.

“On ne s’improvise pas musicothérapeute” a souligné professeur Benatti le premier jour, “c’est un parcours long et qui requiert de l’engagement et une grande connaissance de soi”.

“Pour l’instant” déclare Noubar, musicothérapeute et coordinateur sur place du projet, “il est important de créer un réseau de contacts qui permette de divulguer le potentiel de la musicothérapie et, qui sait, commencer un parcours qui nous amène à une autre édition, peut-être avancée.”

Le cours entre dans le cadre du projet “Bethléem et les enfants de Terre Sainte” par lequel nous voulons favoriser l’évolution personnelle et sociale des enfants et des jeunes en difficulté, aussi à travers la formation de ceux qui s’occupent d’eux.